La pollution des océans

Comme pour l'homme et la nature, cette photo ressemble à une histoire d'amour… (© Voyage sous les mers 3D / DR)
Jean-Michel Cousteau, parrain du film “Voyage sous les mers 3D“, sait pourquoi les océans méritent un vrai hommage. Leur place face à la pollution peut expliquer cela en partie.
Jean-Michel Cousteau : “Les océans, d’abord, c’est notre système de vie. Quand vous buvez un verre d’eau, vous buvez l’océan. Quand vous allez faire du ski dans les montagnes, vous faites du ski sur les océans. Cette neige, ou cette eau, vient des océans : il y a l’évaporation des océans qui se dispersent, ensuite, au dessus des océans. On est continuellement lié, que vous habitiez au bord de l’eau ou loin de l’eau, au système aquatique que représentent les océans. À la base, c’est notre source de vie. On peut en dire la même chose de l’air que nous respirons. Malheureusement, on utilise l’océan comme une poubelle universelle. Grâce aux enfants, il y a énormément de progrès qui sont faits actuellement parce que ce sont eux qui rentrent chez eux et qui éduquent leurs parents.
Ce sont eux qui, quand il y a quelqu’un qui dépose d’un objet, et qu’ils le voient, qui disent (et je l’ai vu) : “Monsieur, vous avez fait tomber quelque chose…” Les adultes sont embarrassés d’entendre ça d’un enfant et vont ramasser l’objet dont ils se sont séparé volontairement. Je compte énormément sur les jeunes pour faire changer la façon dont on traite l’environnement, et en particulier les océans.”
Des océans maltraités, Jean-Michel Cousteau en a vus… “J’ai vu à quel point non seulement la quantité de vie sous marine diminuait mais aussi à quel point on utilisait les océans comme une poubelle, et je voyais les choses s’accumuler au fond de la mer.”
Mais qu’est-ce que les gens ont déjà jeté dans les océans ? “Tout ! Absolument tout ! Quand un homme a un briquet et qu’il s’en sépare, il le jette. Il a le réflexe du singe. Mais quand un singe dispose d’une pelure de banane et qu’il la jette, ça aide un arbre à pousser. Nous, on dispose d’un sac en plastique qui peut prendre des mois ou des années pour finir dans les océans. Notre système aquatique est ainsi : un petit ruisseau va dans une rivière, puis un fleuve, qui arrive dans les océans. Un sac peut tuer une tortue qui le prendra pour une méduse (sa nourriture favorite). Ces sacs, absorbés par leurs estomacs, les obstrue et fait mourir de faim ces tortues.
C’est la même chose avec un briquet, un tube de mascara ou un bouchon de bouteille en plastique : cela va flotter, se balader sur les océans, et les poissons volants vont y déposer leurs œufs, au lieu de le faire, traditionnellement, sur les petits bouts de bois qui flottent. Les oiseaux, quand ils font leur nid, ont besoin de chercher de la nourriture pour leurs petits et il se trouve que les œufs de poissons volant, sur le plan nutritif, est tout à fait approprié. Donc, ils prennent l’objet, parfois plusieurs, et le régurgitent dans leurs petits… qui meurent. Vous avez des centaines de milliers d’oiseaux qui meurent. Il peut y avoir, dans l’estomac d’un albatros, entre dix et quinze objets. Et ça, c’est nous ! On est tous responsables. On dispose de ces choses-là en pensant que ça n’aura pas d’autres conséquences.”
Et ça, c’est ce qu’on voit… “Ce qu’on ne voit pas, ce sont les produits chimiques, les métaux lourds. Et ça aussi, ça finit dans les océans et, malheureusement, ça s’accumule dans la chaîne de vie et on retrouve ça à des concentrations énorme au niveau des espèces dominantes. Certaines de ces espèces, comme des poissons, du thon, du saumon, on les attrape, ça revient dans nos plats et c’est ce qu’on mange, avec tous ces produits chimiques, ces métaux lourds, comme du mercure. C’est très dangereux et on sait que c’est en train d’infecter, actuellement, l’espèce humaine. On est en train de faire des études, actuellement, sur des animaux qui, comme les bébés, ont des problèmes de thyroïde, de cancer. Chez les mâles, la quantité de sperme est diminuée de 50%. Et cætera… On cst complètement malade.”
Mais alors, quels gestes apprendre à ses parents ? “C’est ça qui est merveilleux ! C’est que les enfants comprennent tout de suite et rapportent dans leur famille ou dans le milieu dans lequel ils vivent, qu’il s’agisse de leurs parents ou d’autres adultes, des informations qui nous permet, nous, les adultes, de mieux gérer la planète. Pour moi, les enfants, c’est le secret de l’avenir. Ils ont accès à l’information. Quand j’avais leur âge, ce n’était pas mon cas.”






Envoi ...

La chaîne alimentaire