Afrique : Droits des enfants

Au long de leurs voyages, Didier et Jessica Reuss ont écrit, mais aussi pris de nombreuses photos (© DR / Reuss)
Pouvez-vous nous expliquer ce que sont le droit des enfants, en Afrique ?
Didier et Jessica : « Dans l’absolu, le droit est le même pour les enfants des deux continents. La plupart des pays d’Afrique ont d’ailleurs ratifié la « Charte du droit et du bien-être de l’enfant », inspirée de la Charte des droits de l’enfant des Nations Unies. Mais c’est la misère et la pauvreté qui empêchent que certains de ces droits puissent s’appliquer…
L’école ou l’éducation, par exemple, est obligatoire, comme en Europe, mais la pauvreté est telle que dans certains pays, les familles ne peuvent même pas acheter un crayon.
De même si certains enfants sont au travail dès l’age de huit ans, c’est, là aussi, malheureusement, pour une question de survie.
La pauvreté engendre la misère, elle engendre aussi bien souvent l’instabilité politique, donc des conflits, pourtant la volonté est là pour que s’applique la convention…
Il reste cependant la question de certaines traditions et pratiques ancestrales, qui ont du mal à disparaître dans certains pays (notamment au Mali, Sénégal, Niger, Burkina Faso et bien d’autres) comme l’excision des petites filles : C’est une coutume barbare qui perdure dans bien des familles… C’est un vaste sujet qu’il est difficile d’expliquer en quelques lignes, mais nous y avons consacré une histoire dans notre ouvrage. »
Pouvez-vous nous raconter comment vous êtes arrivés à visiter tous ces pays ?
Jessica : « Je suis partie en Côte d’Ivoire pour poursuivre mes études. Une fois, je suis rentrée au Cameroun par la route (bus, autocar ou train), et j’en ai profité pour visiter de nombreux pays : Togo, Ghana, Bénin, etc… En plus, j’ai un oncle qui a vécu en Éthiopie, et mon frère aîné vit actuellement à Lagos, au Nigéria. C’est aussi par lui que je suis partie en Afrique du Sud car il y va, de temps à autre, pour exercer sa profession de médecin. »
Comment avez-vous eu envie d’écrire pour des enfants ?
Didier et Jessica : « Au départ, c’était une proposition d’un éditeur : écrire un ouvrage documentaire sur le Cameroun (aux éditions Grandir). On s’est pris au jeu. On a pris le goût de l’écriture et on a eu envie d’écrire des textes qui pouvaient être lus et compris par nos propres enfants. Nous avons en effet une fille de 9 ans, une autre de 8 ans et un garçon de 10 mois. Nous avons, d’ailleurs, plusieurs projets en cours : des documentaires et des fictions, et aussi un ouvrage d’illustrations pour des tout-petits.
Notre ouvrage « Afrique, le droit à l’enfance » est destiné à des enfants européens ET africains : c’est une coédition entre un éditeur français (Le Sablier éditions) et un éditeur de Côte d’Ivoire (Nouvelles éditions ivoiriennes).
Il est diffusé en Côte d’Ivoire à prix coûtant afin qu’il soit accessible pour les salaires africains, plus faibles qu’en France. L’idée de base était de faire comprendre à des enfants africains qu’ils ont des droits et que ce qu’ils vivent parfois au quotidien n’est pas une fatalité. Nous voulions aussi faire prendre conscience aux enfants européens qu’ils sont souvent très favorisés par rapport à d’autres pays du monde. »
Comment vos enfants vivent-ils ces voyages ?
Didier et Jessica : « Ce sont, pour eux, des expériences inoubliables et une source d’enrichissement inépuisable : L’aînée rêve depuis peu d’aller visiter les États-Unis. Le plus jeune a voyagé pratiquement dès sa naissance : à une semaine, nous l’avons emmené en Normandie. À un mois à peine, il a fait le voyage Paris-Genova (en Italie) en voiture sans problème !
L’année prochaine, nous espérons pouvoir emmener toute la famille au Cameroun, si les finances nous le permettent… »
Est-ce que vous avez déjà constaté des dégâts causés par la pollution et d’autres abus de l’homme sur la Terre, dans les pays que vous avez visités ?
Didier : « Oui, quels que soient les pays, d’ailleurs. Cela dit, il est difficile de répondre en quelques phrases : Je suis allé en Islande, en Écosse, ou encore en Turquie, mais aussi en Afrique, et les situations (et les dégâts) sont très différents d’un pays à l’autre… J’ai juste, parfois, envie de dire que, là où l’homme passe, il y a des dégâts.
J’ai aussi envie de dire que, d’une certaine façon, l’écologie est un luxe, en quelque sorte. Par exemple, je citais l’Islande où je suis allé : C’est un des pays les plus en pointe au niveau de la protection de l’environnement, mais c’est aussi un pays extrêmement riche, qui plus est doté d’infrastructures naturelles permettant des innovations de type géothermie ou autre…
À l’inverse, l’Afrique a déjà du mal à nourrir sa population, alors l’écologie, c’est encore de la science fiction, malheureusement… »







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